… anniversaire de mariage heureux !

Eh oui, c'est sous la pluie que nous nous sommes levés ce 11 juillet. Un peu déçus de devoir partir dans ces conditions pour une randonnée à cheval à la rencontre de la communauté indienne de
Chamula au nord-est de
San Cristóbal. Mais il faut croire que le ciel a entendu nos prières ou alors que le rite chaman consistant à emporter un parapluie et pas de crème solaire a joué en notre faveur, puisque c'est sous un soleil cuisant — encore que la température extérieure soit agréable — que nous devons finir l'excursion en terres indiennes, sans avoir pris une goutte d'eau sur le museau.

Nous voilà donc cavaliers en route vers
Chamula. La communauté était auparavant établie dans la cuvette qu'occupe
San Cristóbal aujourd'hui mais en a été délogé par les conquistadores et est venue s'établir sur les hauteurs. Là on vit d'agriculture et d'artisanat qu'on descend vendre à la ville. Le vieux ressenti envers les Espagnols vise aujourd'hui les étrangers en général et plus particulièrement les
gringos. Encore récemment, les métis eux-mêmes ne pouvaient entrer au village.
Notre guide nous accompagne vers trois lieux remarquables — hormis les toilettes, un peu nécessaires après un petit-déjeuner somme toute liquide et plus d'une heure de cheval — j'ai nommé : l'église de
San Juan de Chamula, le marché couvert et la prison.

Le premier de ces lieux est impressionnant, surtout une fois passé le seuil. Les figurines représentant les saints s'amoncellent le long des murs. Ils ont le visage cadavérique comme les idoles du culte de la
Muerte qui se pratiquait dans ces montagnes avant la christianisation. Vous ne verrez pas non plus de bancs dans cette église : le sol couvert d'épines de pin, à la senteur forte, est le lieu du culte. On s'y assoit pour allumer des dizaines de bougies avant de sacrifier une volaille dans l'espoir d'une guérison ou d'une meilleure récolte. Même la croix n'a pas ici le même sens qu'outre Atlantique. Elle représente d'une part l'arbre de vie par sa partie basse et les trois mondes célestes autour du monde terrestre dans sa partie haute. On y pend diverses plantes traditionnellement rattachées à ces croyances, la tête en bas avant maturité, afin d'anticiper la fin de vie et faire patienter la Mort par ces offrandes.

Le marché couvert est plus commun mais reste l'occasion d'admirer quelques unes des 34 espèces différentes de maïs cultivées dans les alentours ainsi qu'une collection surréaliste de D.V.D. plus ou moins légalement produits. Enfin la prison consiste en une série de petites cellules donnant directement sur la rue. On peut donc y voir un mari enfermé et une femme, probablement son épouse ou sa sœur, agrippée aux barreaux, lui tenant compagnie.
De retour à
San Cristóbal et une petite douche plus tard, nous rejoignons le lieu de notre cours de cuisine. La recette n'est pas très compliquée, mais bien locale :
Pollo en su jugo. ¡Muy rico! Nous avons ensuite partagé ce poulet cuit dans le jus de tomate avec des amandes, des pruneaux, de l'ail, de l'oignon et de la mistela avec nos hôtes.
Après un dernier tour dans les rues colorées de
San Cristóbal, nous prenons le temps de rédiger quelques lignes pour le blog et de préparer la route pour le lendemain : nous allons en jungle lacandone, la forêt vierge qui a vu la naissance du grand peuple maya.
alors, depuis quand ne prend t'on pas de bombes pour faire de l'équitation?
RépondreSupprimerAviez vous penser à emporter des "tu perds ware" pour nous ramener un peu de votre spécialité?
bisous, profitez en encore pleinement.
El viejo buffalo