La journée fut rouge, jaune puis noire. Et puis c'est tout.
Après un petit-déjeuner royal — et encore, je suis sûr que nos très chers Louis
n'ont pu jouir de telle grandeur —, nous profitâmes des premiers rayons du soleil
dansant sur les murs rouges de l'hacienda près de la piscine. Nous étions bien
décidés à profiter jusqu'au dernier instant de cet endroit paisible et
reposant.
C'est en toute fin de matinée que nous prîmes la route. Notre première étape fut
Izamal dont le grand couvent franciscain a été bâti directement sur les
fondations d'une des cinq pyramides d'un grand centre religieux maya. La ville
est également célèbre pour ses façades invariablement parées de jaune et de
blanc. Quelques calèches attendaient devant l'atrium tandis que les chevaux
jouaient les vrais muchachos sous leurs sombreros.
Nous poursuivîmes notre route à travers de charmants villages jusqu'à notre
prochain hôtel. Que de jaune, mes amis, que de jaune ! Puis ce fut l'arrivée à
Chichén Itzá et sa cohorte de bus peinturlurés et de gros 4x4 flambant
neufs. Nous posâmes les bagages et décidâmes de filer visiter un cenote
privé dont une brochure de l'hacienda faisait la réclame. Las, après des
recherches difficiles, nous finîmes par trouver le grand portail de fer de la
propriété, mais le patron était en vadrouille du côté de Merida et le
jeune homme travaillant aux ruches près de l'entrée ne sut nous dire quand il
rentrerait. Probablement, très tard ou le lendemain. Nous ne pouvions attendre,
nous devions assister au son et lumière du site archéologique le soir. Il était
maintenant trop tard pour notre plan de secours, les grottes de
Balankanché dont les visites s'échelonnent toutes les heures, la dernière
prenant place à seize heures. Il était juste seize heures.
Puis, c'est l'orage. Au moins au début. Suivi par la pluie quasiment continue.
Et le ciel noir. Tant pis, pas de son et lumière. Nous découvrirons la célèbre
merveille du monde de jour.
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