En route pour les pyramides, nous croisons quelques montgolfières en cours de « gonflage », puis elles sont là, majestueuses, les pyramides de la Cité des Dieux, leurs silhouettes éclipsant le soleil levant.
Le chauffeur ayant garé le véhicule à la porte sud (porte 1), nous commençons par entrer dans la verdoyante Ciudadela, citadelle au centre de laquelle se dresse le temple du serpent à plumes, Quetzalcoátl. Le site est très bien aménagé, permettant à la fois d'admirer les sculptures félines et divines et de les protéger des nombreux visiteurs qui se pressent chaque jour. Heureusement, il est tôt. Nous ne sommes pas seuls certes, mais rien de comparable avec la foule qui envahira le site plus tard.
Nous remontons ensuite la Calzada de los Muertos, nom impropre donné par les Aztèques qui confondirent les temples qui la bordent avec des tombeaux. Des sépultures gigantesques à l'échelle de ceux dont ils croyaient qu'ils avaient bâti et occupé cette Cité des Dieux. Les Aztèques firent de ce lieu l'origine de leurs divinités et de leur mythe. Même leur cosmogonie prend racine dans cette cité mystérieuse, le Soleil naissant du sacrifice par le feu des dieux.
À la droite de cette allée s'élève la très haute Pirámide del Sol, plus haut monument du nouveau continent avec ses 65 mètres d'élévation. Le panorama vaut le petit effort pour le sommet et peu renonce tant la montée est gratifiante.
D'en haut, nous entendons des jaguars souffler et grogner ainsi que des aigles crier. Las, ce ne sont que des appeaux vendus par les nombreux marchands ambulants qui hantent littéralement le site.
De retour sur la chaussée des morts, longue de deux kilomètres, nous marchons face au nord en direction de la plus petite, mais plus complexe Pirámide de la Luna. L'alignement parfait du monument avec l'axe central du site ajoute à l'impression grandiose que laisse l'ensemble. On comprend mieux pourquoi les Aztèques n'imaginaient pas que des êtres humains eussent pu construire telle cité.
Finalement, sur le chemin du retour, nous nous arrêtons pour jouer au sport national (surtout sur les sites touristiques), j'ai nommé : le marchandage. Après quelques âpres négociations — nous manquons un peu de pratique — nous repartons avec divers souvenirs. Sur le parking où nous attend notre chauffeur, des indiens pratiquent la traditionnelle Danza de los Voladores : les danseurs s'attachent en haut d'un mât, puis se laissent tournoyer tête en bas au son du tambour et de la flûte. Il s'agit d'un rituel de fertilité inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2009.
Ensuite, au lieu de nous ramener à l'hôtel comme prévu, nous demandons au chauffeur de nous déposer directement au Museo Nacional de Antropología. La bâtiment, construit il y a plus de cinquante ans, n'a pas pris une ride et reste un modèle du genre. Des salles organisées par origine géographique et période s'arrangent en U autour d'une cour centrale couverte par El Paraguas, le parapluie, un immense toit de 4000 m², soutenu par un seul pilier central magnifiquement sculpté, le tout représentant l'arbre de vie, à la base des cultes indigènes du Mexique.
Les salles se succèdent toutes plus belles les unes que les autres, tantôt didactiques, présentant des planches explicatives et des maquettes à la valeur artistique certaine, tantôt purement descriptives, présentant les objets du quotidien, statues et autres production découvertes sur les sites mayas, olmèques ou mexicas. Le tout est extrêmement bien mis en valeur par des éclairages choisis, révélant les volumes et couleurs des pièces présentées. D'une beauté 'XCEPTIONNÉ !
Après cette journée harassante — il n'est que 16h, mais on se fatigue vite à marcher sous le soleil cuisant de Teotihuacán ou à piétiner devant les œuvres du musée d'anthropologie —, nous prenons un petit rafraîchissement en terrasse du café du musée avant de rentrer par le métro à notre hôtel, lessivés, en ayant pris toutefois le temps de traverser le bosquet de Chapultepec , lieu convivial et très vivant où se pressent les Mexicains le dimanche, et de voir d'en bas son château, ancienne résidence du président de la République, devenue musée d'histoire.
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